Galerie JYM

ISABELLE GRANGÉ

19-11-2009 > 18-12-2009

Errer à l’intérieur de soi afin de trouver ce que des millénaires ont enfoui, retrouver un rythme des tréfonds de l’être. C’est ce voyage qu’Isabelle Grangé accomplit dans son travail.

La main fait œuvre de teinture, cette alchimie qui par la couleur transforme la toile radicalement.
C’est une cuisine chtonienne, où les pigments, les matériaux, dilués s’assemblent se combinent au-delà de toute volonté. Aller chercher plus loin que sa propre mémoire des souvenirs puisés au fond commun de l’humain. Ce que Jung soulignait : « Tous les rêves puisent une part de leur origine dans un universel. »

Puis solidifier ce qui étonne, saisit, apparaît. Cette montée, comme monte l’image sous l’effet du révélateur. C’est cette montée dont parle Paul Celan dans « Anabase ».
Montée, ce qui pousse du bas vers le haut et non pas tiré par le haut.
Un sacré sans dieu, ce qui nous fait sortir de nous…

La peinture d’Isabelle Grangé se veut une plongée, un bond hors raison. Pas sans raison, mais une nécessité qui nous dépasse. Il faut la laisser faire, être là au point où la main sait le juste moment de solidification des apparitions. Celles-ci sont des paysages non pas abstraits mais juste au point où le chaos s’ordonne. Là où le premier regard nomme : paysage de terre ou d’eau, sorti de la nuit aux premiers rayons de lumière.

Cette aventure qu’Isabelle Grangé ose pour nous n’est jamais sans un engagement total.
Un abandon pour qu’advienne ce lien que noue l’œuvre et auquel nous participons.

 



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